Le LYSARC,
partenaire académique
de la recherche clinique
sur le lymphome

RELEVANCE, une étude clinique de phase III d’envergure, dans le lymphome folliculaire

RELEVANCE, une étude clinique de phase III ouvrant une voie de recherche très prometteuse pour le lymphome folliculaire

LFLes lymphomes sont le sixième cancer le plus fréquent en France. Le lymphome folliculaire (LF), deuxième lymphome à cellules B le plus fréquent chez l’adulte dans les pays occidentaux (4000 nouveaux patients par an), se développe à partir des lymphocytes B et se manifeste par l’apparition de ganglions anormaux et de tumeurs qui peuvent envahir d’autres organes. Ce cancer reste considéré comme incurable mais l’espérance de vie dépasse quinze ans tous patients confondus. L’enjeu médical consiste à traiter les patients au bon moment afin d’éviter la transformation en un lymphome plus agressif, tout en limitant la toxicité du traitement. Les cellules de LF interagissent avec le microenvironnement tumoral pour induire un défaut dans le système immunitaire des patients, entravant leur capacité à contrôler leur cancer.

La modulation du système immunitaire par des médicaments est une nouvelle piste pour lutter contre cette maladie.

Le LYSA en collaboration avec le groupe pharmaceutique Celgene, a mis en place l’étude clinique RELEVANCE permettant de tester une nouvelle association de deux médicaments: le lenalidomide en prise orale et l’anticorps rituximab en intraveineux. Le lenalidomide est un immunomodulateur connu pour activer les lymphocytes qui s’attaquent aux cellules cancéreuses. Il a été montré in vitro et chez l’animal que sa combinaison avec le rituximab amplifiait son action destructrice ou anti-prolifératrice contre les cellules de lymphome folliculaire. Cette nouvelle combinaison (appelée aussi R2) qui vise à éliminer le cancer en restaurant les compétences immunitaires du patient, a été comparée à une immunochimiothérapie conventionnelle à base de rituximab.

RELEVANCE, une étude d’envergure

RELEVANCE a été conduit dans 10 pays au total : par le LYSA et le LYSARC dans 8 pays (France, Belgique, Australie, Canada, Allemagne, Italie, Portugal, Espagne), en collaboration avec le laboratoire pharmaceutique Celgene aux Etats-Unis et au Japon et au niveau académique, avec l’« Australian Leukemia and Lymphoma Group » (ALLG) en Australie et avec le « National Cancer Institute of Canada Clinical Trials Group » (NCIC CTG) au Canada.

1030 patients atteints de lymphome folliculaire et âgés d’au moins 18 ans au moment du diagnostic, ont participé à cette étude. La moitié a reçu une immunochimiothérapie et l’autre moitié la combinaison R2. La durée de traitement était de 30 mois dans les deux bras.

L’immunomodulation aussi efficace que l’immunochimiothérapie

Avec un recul de trois ans, les deux bras de traitement ont une efficacité similaire si l’on en juge par les taux de réponse au traitement et par le pourcentage identique (77%) de patients chez qui la maladie n’a pas progressé.

« L’immunomodulation semble faire aussi bien que le traitement standard par immunochimiothérapie conventionnelle avec un profil de tolérance différent, principalement moins de chute des globules blancs et d’épisodes de fièvre associés, mais plus de réactions cutanées. A noter également l’absence de chute de cheveux avec le traitement immunomodulateur. L’étude RELEVANCE apporte la première démonstration que le concept d’un traitement sans chimiothérapie mais réactivant le système immunitaire peut suffire dans le lymphome folliculaire en situation de forte masse tumorale, et constitue une voie de recherche très prometteuse dans cette maladie », affirme l’investigateur principal de l’étude, le Pr Franck Morschhauser, hématologue au CHU de Lille et membre du LYSA.

Les analyses dans cette étude se poursuivent avec la collecte de données cliniques à plus long terme. D’autre part, la réalisation d’analyses biologiques permettra d’identifier les mécanismes d’actions de l’immunomodulation et de trouver de nouveaux biomarqueurs de réponse ou de résistance permettant de mieux traiter les patients.

Publication : F Morschhauser et al. N Fowler,” RELEVANCE: Phase III Randomized Study of Lenalidomide Plus Rituximab (R2) Versus Rituximab Plus Chemotherapy Followed by Rituximab Maintenance in Patients with Previously Untreated Follicular Lymphoma”, N Engl J Med 2018 ; Sep 6;379(10):934-947